• Accusation sans récusation ou plaidoyer pour l'Europe

    Quand le chagrin emperle un horizon de larmes,
    Il reste un grain d'espoir en sa limpidité
    Mais ce monde inconstant par sa futilité
    Brigue la dictature et délaisse les armes.

    La masse de la plèbe entretient l'ignorance
    Et ne veut rien savoir sauf pour en méjuger.
    Elle donne au tribun un mandat pour gruger,
    Prône la liberté mais meurt d'indifférence.

    Les pays sont fleuris d'un mal sans Baudelaire
    Où l'inculture en vrac éborgne le lecteur.
    La rue épand son crack et drogue l'électeur.
    Elle éteint ses lampions et tout ce qui l'éclaire.

    Oyez les possédés clamant leur occultisme
    Ces prêcheurs d'un éden où les fakirs sont rois.
    Ils vont lécher les murs de soudaines parois,
    Afficheurs forcenés d'un coupable hermétisme.

    Voyez les égorgeurs félons et fanatiques,
    Nostalgiques des temps brutaux et révolus
    Quand fours, chambres à gaz aux crimes dévolus
    Enchaînaient les nations sous leurs jougs maléfiques.

    Assez de boniments, d'outrance et de mensonges !
    Quand la concupiscence et la cupidité
    Mènent toute pensée à la stupidité,
    Aucune réflexion défend rêves et songes.

    Violence et chaos minent la politique.
    Il faut réglementer cette chasse au pouvoir.
    Circulez, braves gens ! Il n'y a rien à voir
    Quand les fouilleurs de vase extirpent leur pratique.

    Qui n'a jamais râlé, ronchonné sous la charge ?
    Jadis, la Vieille Garde avait de fiers grognards
    Et l'aigle n'était pas l'ami des charognards
    Pour se gonfler la panse en délestant la barge.

    Dans le ciel de l'Europe volent de sombres ombres,
    Quelques vautours quêtant chair et putréfaction,
    Un spectre, un cauchemar dont la putride action
    Est d'asseoir la pénombre au milieu des décombres

    De l'Est ou de l'Ouest, la menace est lisible.
    Où la traîtrise élit fascistes, nazillons,
    L'enfer des trahisons ouvre ses portillons
    Pour que la liberté redevienne invisible.

    Orban et Salvini, arrogants populistes
    Vantent Mussolini. Chantres instigateurs
    De la chienlit dont ils sont les propagateurs,
    Ils préparent le ring à tous les pugilistes.

    S'ajoutant à ceux-là pour colporter la peste,
    Voilà Steve Bannon, théoricien abscons
    Défiant une Europe à l'abri des canons
    Par une importation au menu indigeste.

    J'accuse ces gens là de tromperie en bandes !
    Fripouilles et guignols des jours sans lendemain,
    Ponce Pilate experts à se laver les mains
    Avant de haranguer la foule en sarabandes.

    Qui oserait voter pour cette décadence ?
    Ces bouteurs d'incendie aux propos éculés
    Plongeant dans les bourbiers, nos drapeaux maculés
    Pour que le bagne existe et soit une évidence !

    Dans leur bouffonnerie à la fin prévisible,
    La morale risible est jetée aux sauriens.
    Le goût pour l'anarchie habite les vauriens
    Pour reformer la clique aux méfaits sans fusible.

    La clownerie opère et devient tragédie !
    C'est à désespérer de notre humanité
    D'accorder l'existence à tant d'insanité
    Que l'Histoire en son nom, condamne et congédie.

    Si c'est là, la valeur de la démocratie,
    L'illusion est présente en son inanité
    Et toute république en devient l'ineptie.
    Par carence ou par vanité !

    Serge LAURENT


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