• Balade d'automne

    Te souviens-tu de nos paisibles chevauchées
    Aux plis des prés touffus aux herbes non fauchées.
    Au loin, se dérobait, un horizon brisé,
    Aux nuages barrés d'un arc-en-ciel frisé.
    Déridant une allée aux gris des bois, calée,
    Débusquant les cotons de la brume exhalée,
    La vallée aux confins accueillait le matin
    En liftant son ruban d'un voile de satin.
    Promenade d'automne où la forêt frissonne !
    Escapade friponne où l'amour s'abandonne !
    Quand la feuille accompagne un vol d'engoulevents
    En des flots de couleurs, délayés par les vents,
    La ramure s'éteint et quitte ses amures
    Rejoignant la campagne et taisant ses murmures.
    Les chaumes brunissaient au gré de leurs pinceaux
    Et les buissons jaunis émondaient leurs arceaux
    Semant tous leurs écus, vidant leurs escarcelles,
    Dénudés pour montrer quelques nids de sarcelles,
    Ainsi, la nostalgie étoffe les adieux
    Dans le dépouillement d'un univers radieux
    Qu'un seul embrasement de feux sur une rampe
    Rend visible en sa trame et lui donne sa trempe.
    D'un départ naît un drame avec sa compassion,
    La saison qui s'en va sert d'annonciation
    A ce qui renaîtra à la vie éternelle,
    Celle qui fait aimer d'ardeur passionnelle
    Afin de rejaillir en gerbes d'émotion
    Et l'arbre qui se penche et la neige si blanche
    Nous disent qu'un oiseau chantera sur la branche
    Quand nos cœurs au printemps auront vaincu le temps.

    Serge LAURENT


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