• Le drapeau

    Le drapeau porte en lui la gloire et la souffrance,
    Le bleu profond d'un ciel épris de liberté,
    La blancheur du linceul de nos morts pour la France,
    Le sang rouge épandu pour la fraternité. 

    Ainsi, c'est chaque jour, aux lueurs de l'aurore
    Que paraît au soleil notre emblème sauveur
    Et que monte à sa cime un pavois tricolore
    Assemblant en ses plis, la foi et la ferveur. 

    L'amour du peuple sert le sol qui l'a vu naître
    Où chaque citoyen, en devient l'éveilleur.
    L'Histoire en sa grandeur est ce qu'il doit connaître
    Afin que de sa terre, il garde le meilleur. 

    Ainsi, quand tout s'efface, il est une oriflamme
    Qui, dans tous les conflits, sollicite l'union.
    Elle exalte au combat dans l'enfer qui l'enflamme,
    La force qui se bat et l'honneur au fanion. 

    Aussi, quand la vertu ne fait plus corps à l'âme,
    Le guide qui s'élance dicte le chant écrit
    Et la patrie en mère est cette illustre dame,
    Protégeant ses enfants et formant leur esprit. 

    Nous vivons sur un sol pétri par la vaillance,
    Meurtri par l'invasion, préservé par l'aïeux.
    On y cherche l'abri avec la bienveillance
    Sous la mouture d'or de son tissu soyeux. 

     Avec les chevaliers partis à la conquête
    Vêtus de leur armure et du harnois d'acier,
    Lances et boucliers entreprenaient la quête,
    Où pouvaient s'accomplir, l'enseigne et l'officier 

    Riche de tant d'exploits surmontant les détresses,
    En gonfalons fichés sur des murs invaincus,
    Exemple du courage armant les forteresses,
    L'étendard qui défend, soulève mille écus. 

    Jeanne d'Arc a vécu pour sauver le royaume ;
    Eblouissante au pas de son blanc destrier
    Son cimier rayonnait, empanachant son heaume,
    Où l'ennemi battu tombait sous l'étrier. 

    Sans souvenir forgeant les clés de l'avenir,
    Les portes du futur à jamais seront closes
    Et le passé sachant ce qu'il peut advenir
    Pourra seul prévenir du néfaste des choses. 

    C'est ainsi que l'oubli qui chasse le sublime,
    Ne pourra dérober, aux braves, leurs lauriers
    Quand un pays entier, d'une voix unanime,
    A l'ombre des drapeaux honore ses guerriers 

    Les héros méritent le drapeau pour suaire.
    Il est le compagnon des morts en leur passion
    Et la foule mêlée à l'adieu militaire,
    Leur donne du pays, toute sa compassion. 

     Déployé sur son mât, symbole solitaire,
    Le témoin des hauts faits parle des disparus,
    Extirpant de nos cœurs un émoi solidaire,
    Et le respect des gens, aux tombeaux, accourus. 

    Chaque heure résonnant du glas de leurs épreuves
    Va déposer ses fleurs aux champs incandescents :
    Bleuets, coquelicots, nés des  larmes des veuves
    Jouxtent la marguerite aux prés arborescents 

    Fidèle visiteur dépourvu de bagage,
    Le vent qui vient pleurer auprès des monuments,
    Agite la campagne au gré du paysage,
    Epousant du printemps, l'éternel ornement,
    Qui confère au soldat, son ultime habillage.

    Serge LAURENT


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