• Le noctambule

    J'avais dans le matin où le grillon grésille
    Affermi mes doigts gourds sur le bâton rugueux
    Et par tous ces chemins où se traînent les gueux
    Jeté sur le talus l'ombre de ma mantille.

    Sur l'asphalte, j'entends l'écho de ma béquille
    Et je passe en boitant près des fossés fongueux,
    Eclaboussé d'embruns ainsi qu'un harengueux,
    Des crachats d'un cocher, d'un cri qui s'égosille.

    Du chat huant prenant les prunelles de lune,
    Lactescent comme un lac, nitescent à la brune,
    Je pousse mon soupir en traversant la nuit

    Et l'astre qui me suit, circule et déambule,
    A mes pas, attaché comme une grosse bulle
    Pour tirer, pour chasser, la barbe qui me nuit.

    Serge LAURENT


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